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Enseigne de Vaisseau
Maire des Mées de 1878 à 1882
Décédé à Monaco 1913
Gabriel Arnoux
indiquait souvent qu'il était un "ancien officier de marine". Après
être entré à l'École Navale en 1846, il sert sur différents
navires de la marine française : Hercule, Jemmapes, Uranie,
Euphrate, Titan. Il est nommé enseigne de vaisseau en 1853, mais
donne sa démission à 27 ans, en 1858, pour raison de santé délicate
pour un marin : mal de mer !
Gabriel Arnoux
est également agronome. Aux Mées, il s'intéresse et pratique la
sériciculture, l'élevage des vers à soie, notamment le grainage
cellulaire, et collabore avec Pasteur. Il s'occupe aussi du
colmatage dans les graviers de la Durance. |
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D'abord adjoint, il est
ensuite maire de la commune où il est né, Les Mées
(Alpes-de-Haute-Provence), de 1878 à 1882. Il est également suppléant du
juge de paix, ainsi que président de la Société de Secours Mutuel.
En août 1885, il fait sa
première présentation consacrée aux carrés magiques au congrès de
Grenoble de l'AFAS (Association Française pour l'Avancement des
Sciences). Édouard Lucas qui fait aussi des présentations à ce
congrès, dont une également consacrée aux carrés magiques, y critique
publiquement les travaux d'Arnoux. Arnoux en est et restera profondément
vexé, mais c'est justement l'aiguillon qui va le faire progresser ! Il
consacrera désormais une énorme partie de son temps aux mathématiques,
et aux carrés et cubes magiques.
En avril 1887, il envoie son
cube magique pandiagonal parfait d'ordre 17
au président de l'Académie des Sciences de Paris qu'il connaissait :
Edmond Julien de la Gravière avait été en 1852-1853 son commandant à
bord de la frégate Uranie, école des canonniers.
En août 1889, toujours aigri
contre Édouard Lucas, c'est en pensant à lui qu'il lance un défi dans le
quotidien créé par Gambetta, La République Française. Il offre
10.000 francs, une très forte somme pour l'époque, à celui qui
parviendra avant 3 mois à :
"produire, sur la question
des espaces magiques à un nombre quelconque de dimensions,
quelque chose d'aussi puissant, d'aussi simple et d'aussi clair que ce
que j'obtiens par mes petits procédés métaphysiques".
Personne ne relève le défi,
et Lucas décède en 1891.
Il publie plusieurs livres
dont l'étrange titre préliminaire est toujours Essais de psychologie
et de métaphysique positives :
-
L'Algèbre graphique,
Chaspoul-Constans-Barbaroux, Digne, 1890
-
Arithmétique graphique - Les
espaces arithmétiques hypermagiques, Gauthier-Villars, Paris,
1894
-
Arithmétique graphique -
Introduction à l'étude des fonctions arithmétiques,
Gauthier-Villars, Paris, 1906
-
Arithmétique graphique - Les
espaces arithmétiques, leurs transformations, Gauthier-Villars,
Paris, 1908
-
Essai de géométrie analytique
modulaire à deux dimensions, Gauthier-Villars, Paris, 1911
Il écrit aussi dans Les Tablettes du Chercheur,
ainsi que dans les Comptes-rendus de l'AFAS. Il correspond et
collabore essentiellement avec Charles-Ange Laisant et
Gaston Tarry. Ses quatre livres chez
Gauthier-Villars sont écrits en étroite collaboration avec Laisant,
auquel est venu s'ajouter Tarry pour les deux derniers.
Pour échapper aux
nouvelles mesures fiscales françaises et à l'impôt sur le revenu,
Gabriel Arnoux demande et obtient la nationalité monégasque le 9 mars
1910... grâce à ses livres mathématiques ! Et grâce au prince Albert Ier
de Monaco qui était justement sensible aux sciences, en étant lui-même
un scientifique reconnu en océanographie et paléontologie. Voici ce
qu'Arnoux écrit à Laisant le 14 mars 1910 :
"Me voilà Monégasque. Cela
s'est passé d'une façon bien simple ; les lois de la principauté
demandent pour la naturalisation, soit un séjour de dix ans, soit la
faveur du Prince. N'ayant aucune haute protection, je me suis adressé au
savant, en lui envoyant (hommage de l'auteur) un exemplaire de tous mes
travaux mathématiques, et il m'a gracieusement accordé ma demande."
Il quitte Les Mées et
déménage à Monaco, mais y décède peu de temps après, en 1913, la même
année que Tarry. Il meurt célibataire et sans enfant.
Nous remercions Christian
BOYER qui nous a révélé cette personnalité méenne
dont on trouvera les
recherches mathématiques dans son site :
www.multimagie.com |